SPECIAL 20ème ANNIVERSAIRE
La Ligue Ivoirienne des Droits de l’Homme (LIDHO) a été créée le 21 mars 1987, en pleine période de parti unique. Confrontée, du fait du contexte particulier de sa création, à toutes sortes de pressions, la LIDHO dut mener de front le combat pour son existence légale et celui pour l’exercice des droits civils et politiques d’une façon égale pour tous les personnes relevant de la juridiction de l’Etat de Côte d’Ivoire.
Après vingt ans de priorité accordée aux droits civils et politiques, la LIDHO veut, à partir de cet anniversaire, mettre davantage l’accent sur les droits économiques, sociaux et culturels (droits de deuxième génération) et les droits de solidarité (droits de troisième génération).
En effet, les conséquences sociales de l’instabilité politique qui sévit en Côte d’Ivoire sont énormes. Le taux de chômage se situe à plus de 35 % et dont près de 75 % de jeunes âgés de 15 à 35 ans. L’espérance de vie qui était de 52 ans en 1995 est passée à 46 ans en 2004. Quant au taux de pauvreté, estimé à 33,6 % en 1998, il est monté à 44 % en 2004 . De même, l’indice de développement humain, relègue la Côte d’Ivoire de la 156ème place en 2000, à la 161ème en 2001 sur 175 pays. Les inégalités de revenus entre riches et pauvres se sont accentuées. On note ainsi que 10 % des ivoiriens les plus riches contrôlent 36 % des richesses tandis que 10 % des plus pauvres n’ont droit qu’à 2% .
A l’occasion de la célébration de son 20ème anniversaire, il apparaît donc opportun pour la LIDHO de mener la réflexion sur la problématique des liens entre la pauvreté et les droits de l’homme. D’où le thème : Quels droits pour les pauvres en Côte d’Ivoire ?
Traditionnellement, le pauvre est présenté comme celui qui ne dispose pas d’un revenu suffisant pour assurer sa subsistance ou pour accéder à un mode de vie décent. Selon le Comité des droits économiques, sociaux et culturels, la pauvreté se révèle « une condition dans laquelle se trouve un être humain qui est privé d’une manière durable ou chronique des ressources, des moyens, des choix, de la sécurité et du pouvoir nécessaires pour jouir d’un niveau de vie suffisant et des autres droits civils, culturels, économiques, politiques et sociaux ».
Ce qui précède révèle le lien inextricable entre pauvreté, dignité humaine et droits de l’homme. La pauvreté qui affecte pernicieusement l’individu dans sa dignité est un obstacle majeur à la jouissance effective des droits de l’homme.
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